
- Métro parisien, une jeune femme, environ 16 ans, avec son sac Vuitton
Cela fait un moment que l’on s’observe mutuellement... D’un côté les 15-20 ans le regard fier, armé du dernier Vanessa Bruno à paillettes et de l’autre les 25-30 ans au sac Gérard Darel impeccable.
Elles, nous piqueraient bien notre pouvoir d’achat. Nous, leur silhouette encore enfantine. Mais oublions les questions de physique, ce qui nous intrigue c’est leur garde-robe.
Première question à laquelle personne n’est capable de répondre sans sous-entendre un vol à l’étalage ou une contrefaçon : comment font-elles pour posséder des sacs Longchamp, des ballerines Repetto et pire encore, des créations Zadig et Voltaire… ? Tout ça… sans travailler. Elles n’ont pas toutes un papa PDG que l’on sache ?!
Cadeau d’anniversaire ou de Noël, c’est peut-être comme ça qu’elles se façonnent un dressing digne d’un défilé prêt-à-porter. Mais cette explication semble quand même insuffisante. Y aurait-il aussi un trafic de vêtement national, voire européen, pour les alimenter en accessoires et fringues de créateur ?
Alors, on les jalouse mais on les plaint aussi. A notre époque la pression sociale vestimentaire n’était pas si grande parce que la fashion n’existait pas encore. Hormis des tee-shirts ou des pantalons de marque, posséder un Levi’s c’était déjà la grande classe et ce qui comptait c’était le style. Pas celui déterminé par les boutiques dans lesquelles nous achetions nos vêtements, mais celui qui se dégageait de notre allure. Nous étions plus libres et surtout plus ignorantes. Car il faut bien le reconnaître, les nouvelles générations sont nées avec un dictionnaire de mode dans le berceau. Elles connaissent les collections printemps-été aussi bien que les déboires alcoolisés de Britney Spears ou Amy Whinehouse.
Impatientes d’être adulte, entretenues plus longtemps par les parents : les adolescentes ont tout pour imiter les plus grandes, même si pour cela elles doivent sacrifier quelques années d’insouciance.
Alors oui, on envie (parfois) leur armoire, mais pour rien au monde on regrette d’avoir porter des Air Max, des Bombers, un Hervé Chapelier, des Timberland, une doudoune Chevignon…
Photo bandeau et logo : "Dictionnaire du Look" de Géraldine de Margerie.

