ais qui est donc ce personnage tombé du ciel, venu se nicher au 14 rue Portefoin à Paris ?
38 ans, né à Tel-Aviv, Art’C ouvrait il y a deux ans une sublime boutique « Art’C Ifrach House of Style », au cœur d’Electricity Garden, le quartier « hip » de la Ville Blanche.
Créateur de mode, certes, « Je ne peux pas concevoir qu’un vêtement ne puisse durer qu’une seule saison. Ça n’est pas un vêtement », certainement plus styliste.
Lorsqu’on parle de stylistes dans la profession, on pense à ceux qui interviennent sur les séries de mode des magazines, ceux qui savent jouer
des créations des designers de mode pour raconter des histoires. Là est la force d’Art’C.
Il est le « Patricia Field israélien ». Comme elle, il a un don particulier pour concevoir des looks inédits. Il donne une nouvelle vie aux classiques et sait, comme personne, utiliser le vintage ou transformer n’importe quelle garde-robe basique en toilette de stars. « Le plus important, c’est l’allure et non l’accumulation de vêtements griffés. »

C’est quoi le style Art’C ?
Technicien d’analyses de modes, ce laborantin expérimente. Il crache une idée. Il pond une tenue. En un tour de main, il invente un sac ou une
tunique du soir.
« Très difficile de m’expliquer. Mon style est un mix bionic, chic, bizarre, couture. Je veux des femmes "Woaw". Elles sont là. On ne peut pas
les rater. C’est l’impact qui compte. Qu’elles soient designer, actrice, directrice de galerie ou mariée à un homme très riche, lorsqu’elles entrent
dans une pièce : « Vavavoum ».
L’effet du podium, il veut le recréer dans la rue.
Sa rue côtoie le bling, le glamour, le n’importe quoi, le baroque. L’ornement est toujours présent et en toutes circonstances. Il chine quelques métrages Gucci vintage sur Camden market à Londres. Il accumule ses trouvailles aux puces de Tel-Aviv truffées de dentelles, crochets, prouesses de techniques de fils authentiques héritées des pays arabes. La dentelle chantilly court sur une djilbab, une djellaba ou caftan. Kif kif !
Ses influences du monde entier, jamais précises, brouillent les codes. Il ne raisonne pas en saison. Il sort deux ou trois pièces par jour. Ne lui demandez pas l’adresse de son site, il ne la connaît pas. Elle est d’ailleurs absurde de complication.
Commercialement incorrecte. Il ne se fige pas mais se perd dans des images, des intuitions, des pulsions et ses convictions. Cela donne toute sa spontanéité avec toute la maladresse que cela engendre.
Étendu des dégâts :
Pourquoi Art’C nous met un tapis persan sur le dos ?
« Parce que la femme que j’habille a assez de tripes et de confi ance en soi pour qu’il est l’air d’un tapis à un million de dollars ! »
Fagotée de ce tapis, comment échapper à l’allure « souillon » ?
« Parce que c’est un tapis propre. »
Ce qu’on adore chez lui ? « Je suis extrêmement optimiste. »
Ce qu’on déteste chez lui ? « Je suis un enfant gâté. »
Le style d’une femme qu’il vénère ? « Celui de Coco Chanel et personne d’autre. »
S’il devait choisir l’étape suivante ? « Mon seul but, travailler aux côtés de Christian Lacroix. »



