
Quel est votre parcours dans le milieu de la mode, comment ça a commencé ?
Géraldine Crespo : Ma première stimulation créative remonte à l’école Duperre en section design d’espace. Mais ça a vraiment commencé lorsque j’ai appris mon métier de modiste, en 2004 lors d’une formation au Greta de la Mode en Mode et Chapellerie à Paris. Je suis ensuite devenue accessoiriste à l’Athénée pour D.Mesguich où j’ai fait la connaissance d’une modiste qui m’a demandé de l’aide pour terminer son travail. Ce fut la révélation. J’ai donc passé le diplôme d’Etat en candidature libre pour avoir le statut de la profession et j’ai réussi !
Parlez-nous de vos collaborations ?
Géraldine Crespo :J’ai fait pas mal de stages, à la maison Michel (plus vieille institution de chapeau de Paris), chez Chanel, Givenchy en accessoires et pour Maryse Roussel (grande modiste de spectacle, notamment pour le Moulin Rouge). J’ai également travaillé avec le cirque Gruss et Eurodisney. J’ai ensuite réalisé pour le Cabaret Déjanté une vingtaine de chapeaux sur le thème des freaks, pour le festival de théâtre de rue de Chalon sur Saône en 2007.
Actuellement je travaille avec Valerian Couture, jeune créateur de haute couture pour lequel je réalise tous les chapeaux pour sa nouvelle collection 2010.
Qu’est-ce qui vous inspire ?
Géraldine Crespo :Le monde : la peinture, la lecture, l’architecture, la poésie, la philosophie, le cinéma, d’autres créateurs... Je pars en général d’un intérêt personnel, d’un thème qui pour moi génère un intérêt intellectuel et un écho tel que l’Eternel Féminin pour ensuite explorer les différents aspects plastiques de ce thème.
Ce qu’il y a de formidable, c’est que le chapeau est un accessoire qui permet d’exprimer au plus juste une personnalité ou tout du moins un trait de sa personnalité. Je ne crois pas à l’unicité mais à la multitude des styles d’une seule femme. Je cherche à créer des accessoires d’art.
Pouvez-vous nous décrire vos collections ?
Géraldine Crespo :Mes collections sont singulières et originales, elles sont fantasmagoriques dans leur mise en scène. Je flirte avec l’univers rétro des stars, des icônes du cinéma des années 1950, sexy sans vulgarité. Je suis en quête d’une féminité toujours en mouvement, en perpétuelle invention, la femme est au cœur de mes collections.
Comment fabrique-t-on un chapeau ?
Géraldine Crespo :Le début de mon travail commence par une sculpture du moule. J’ajoute ensuite la matière (feutre, paille…), que j’enduis préalablement d’un apprêt comme de la colle, grâce à la vapeur d’eau. Une fois la forme réalisée, j’orne le chapeau et je place le gros grain qui permettra de définir la taille du tour de tête de ce dernier.
Vous créez d’autres accessoires de tête ?
Géraldine Crespo :Oui et c’est assez logique d’ailleurs car le chapeau est comme tout objet de mode, il vit une évolution, une mutation. Dans les années 1960, il avait totalement disparu, ce n’est qu’aujourd’hui qu’il réapparaît timidement.
Les femmes continuent de s’orner la tête, mais différemment. Le serre-tête, le bijou de tête ou la barrette ont un aspect pratique d’utilisation qui réhabilite l’objet de tête.
De plus, c’est une liberté dans l’expression de ma profession et de mon art.

Vous-même vous portez quotidiennement des chapeaux ?
Géraldine Crespo :Je me chapeaute, oui mais je suis comme tout le monde, je garde un style chic et sobre pour le quotidien et original pour les sorties et événements.
En vente en ligne sur le site de Géraldine Crespo www.chapeauxcaboche.fr
et sur www.soozoo.fr, www.detournements.com et www.meleecassis.com.
Vous pouvez également retrouver ses créations en boutique chez Lauren’s createur, 39 rue Boursault, 75017 Paris - 01 44 90 02 90 et chez Les Maris Jaloux, 12 de la Colombette, Toulouse.
Découvrez dans le portfolio ci-dessous les collections Eternel Féminin et Héroine.
